Pochette de rock : la reine des disciplines

La pochette de rock est la discipline reine de la pochette d’album. En effet, c’est avec le rock’n’roll que la musique a atteint, dans les années 1950, le statut d’industrie de masse. C’est à ce moment là que le disque est devenu un objet de grande consommation. Le vinyle est rapidement devenu un objet populaire, vendu en grande surface.

Sous forme de 78 tours, puis de 33 et 45 tours, le succès fracassant du disque a généré une multiplication des productions. C’est ainsi que la pochette de rock ne s’est plus contentée d’informer les clients comme une simple étiquette. Elle est devenue un élément de distinction visuelle dans des rayons chaque jours plus garnis.

Elvis Presley

Pochette de rock : l’énergie à la source

Dès les premiers disques d’Elvis Presley, et jusqu’aux opus de Rage Against the Machine, la pochette de rock a servi de vecteur aux énergies liées à l’adolescence. Les rythmiques musicales, rapides ou puissantes, doivent être représentées par des images qui symbolisent la danse, le mouvement ou la colère.

Dans le cas des disques du King Presley, le chanteur y est représenté en mouvement, la bouche ouverte. Comme capturé en pleine transe. Dans le cas de Rage against the machine, le message politique (moine tibétain en feu) se double d’un effet de flou en noir et blanc qui fait écho au titre « Rage ». C’est la mise en image de ce sentiment si fort et si confus.


La pochette de rock comme accessoire de mode

La pochette de rock, c’est aussi une histoire de style. Le disque, objet physique, intègre la garde robe de l’adolescent. C’est un accessoire de mode à part entière. Toujours dans cet esprit, il n’est pas rare de voir les artistes ou les groupes de rock poser dans la tenue caractéristique de leur sous-genre musical : perfecto pour les rockers, pattes d’eph pour les hippies, costume féminin pour le glam rock, costard pour la new wave et la pop anglaise des années 60 et 70, tenue de cowboy pour le folk et la country. Les exemples se multiplient à l’infini.


Pochette de rock : la rébellion, le rêve et l’ironie

On peut distinguer trois grandes familles de concepts esthétiques parmi les pochettes de disque de rock :

La pochette rebelle pure véhicule directement l’énergie mentionnée plus haut. Elle joue à fond la carte de la rébellion en mouvement. Elle représente l’action, le refus, la rébellion. Les disques des Clash et des Sex Pistols en sont de probants exemples.
La pochette ironique, toujours dans un esprit assez adolescent, se moque de la société et fait usage de l’humour. Le fameux Nevermind de Nirvana, avec son bébé pêché par un billet de banque, révèle admirablement le dégoût qu’inspire la société de consommation à ses membres : Kurt Cobain en particulier.

Nevermind Nirvana Vinyl

La pochette onirique incarne la part de rêve du rock. Les disques de Pink Floyd constituent de très beaux exemples de cette famille poétique. On pense, notamment, à l’infinité de lits disposés sur une plage sur la couverture du disque a momentary lapse or reason.


La grande famille des pochettes de disques rock

Le rock, plus que tout autre genre moderne, est constitué d’une infinite variété de sous-familles. Ainsi, c’est en toute logique que chacun de ces sous-groupes disposent de leurs propres codes esthétiques. Ces codes permettent au fan, d’un simple coup d’œil, d’identifier son genre préféré et, par la même de s’y retrouver.

Au nombre de ces sous-genres de pochette de rock, on compte :

  • La pop anglaise avec son esprit fin et so british
  • Le hard rock et les familles du métal avec leur gallerie de symboles cartoons et horrifiques
  • Le rock et la pop psychédélique avec des couleurs et des typographies très reconnaissables
  • Le Punk rock et son état d’esprit brut de décoffrage mais souvent très recherché
  • Le rock indépendant dit inde, avec son soucis de distinction artistique