Le designer : un artiste et plus encore

Dans le langage commun, le designer est un terme générique dont l’activité intéresse des champs aux contours plutôt flou. En réalité, le designer partage avec l’artiste la dimension créative. Comme l’artiste peintre, musicien, poète, son travail ne peut pas être limité à un soucis d’innovation voir même de créativité. En effet, comme n’importe quel artiste, le designer définit également le génie créatif et le merveilleux faiseur. La fonction englobe, de façon non exclusive, le théorie et la pratique ; le monde des idées et le monde dit « réel ».

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Qu’est-ce qui distingue le designer de l’artiste au sens large ?

On peut affirmer que le designer produit une forme d’art, de représentation, un sens symbolique ou matériel, dont la vocation est pratique. Par pratique on entend pensé pour être utile ; utilisé à des fins pratiques ou intellectuelles.

Le design est de l’art à vocation pratique

On entend la fonction du peintre comme chercheur et réalisateur de beauté et de sens. A ces fonctions, le designer graphique ajoute la dimension utilitariste. L’objet designé doit être beau. La beauté de l’objet designé doit être efficace d’un point de vue commercial.

On entend la fonction de musicien, compositeur ou interprète comme recherche d’une beauté esthétique ou poétique. le designer sonore doit privilégié l’utilité de sa création sonore. Celle-ci doit s’adapter au contexte pour lequel elle fut, majoritairement, commandée.

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Dimension économique du designer

A qualité pratique égale, le consommateur privilégie l’objet designé

Bien qu’il soit possible de concevoir du design en tant que tel ou ex-nihilo, force est de constater que le designer, au vingt et unième siècle, est perçu / attendu comme un agent économique. D’un point de vue industriel, l’ingénieur va mettre au point un objet et ses qualités technologiques. Le designer aura pour ambition d’y ajouter un sens. Ainsi, ce sens peut être purement esthétique : on préférera l’objet « beau » à l’objet « brut ». Il devra aussi lui ajouter un sens psycho-philosophique : cet objet, acquis par un acheteur, va devoir parler de lui. il va devoir impliquer une forme de sophistication (factice ou pas) de l’acquéreur. Dans ce domaine, le designer français Philippe Starck, depuis les années 8O, a démontré toute sa force, sur des projets multiples. De tous formats, à tous les prix, son travail s’avère – essentiellement – pratique et reservé à l’usage.

Exemple : mon appareil à raclette dispose de formes gracieuses et d’une couleur dans l’ère du temps = je suis gracieux et dans l’ère du temps aux yeux des individus qui sont amenés à visiter mon intérieur.

Le Designer change la marchandise en drapeau personnel

La firme américaine Mac Intosh, en investissant des sommes – alors – très importantes dans ce travail de design, est parvenu à changer un simple lecteur MP3 en objet de luxe. En 2001, il existait déjà, depuis longtemps, nombre de lecteurs MP3 peu chers et efficaces. Mac Intosh, devenu « Apple » sous l’impulsion de Steve Jobs et au moyen du savoir faire du designer Jonathan Ives, a « réinventé » le lecteur MP3. Renommé, redesigné, mieux expliqué, l’Ipod est devenu un symbole de modernité et de consumérisme artistique.

Incontestablement, si cette démarche ne peut pas être considérée autrement que comme une formidable opération de marketing, elle a également relevé le niveau d’exigence des acheteurs vis à vis des objets et de leur dimension esthétique.

L’objet designé a vocation à s’inscrire concrètement dans la vie quotidienne du conservateur.

Par Tamae Ikeda